Liens vers les parties détaillées du résumé historique de la RUSSIE
Carélie
Îles du Golfe de Finlande
Ingrie
frontière avec les pays baltes
oblast de Kaliningrad
Crimée

La Russie contemporaine est issue de la principauté de Moscou qui, à partir du XIIIème siècle s’est imposée aux autres principautés russes pour les rassembler et ainsi former un vaste empire en Europe orientale.
Sous la dynastie des Romanov (1613–1917), la Russie a poursuivi la politique d’expansion territoriale entamée par la Moscovie. À l’aube de la Révolution bolchevique, l’empire russe s’étendait de la Finlande à la mer Noire et de la Pologne à l’océan Pacifique.

Les frontières de la Russie occidentale en 1900

Au moment de l’entrée en guerre de la Russie en 1914, ses frontières européennes n’avaient pas évolué depuis le Congrès de Vienne (9 juin 1815), exception faite de la partie méridionale de la Bessarabie qui entre 1856 et 1878 a fait partie de la Moldavie puis de la Roumanie à partir de 1859. (cf. Moldavie).
La Première Guerre mondiale et la révolution bolchevique provoqueront la chute de l’Empire et la proclamation d’indépendance de plusieurs peuples (finlandais, baltes, polonais, ukrainiens).

La guerre avec la Pologne (février 1919 – mars 1921) fut également un épisode qui a abouti à des concessions territorilales de la part l’Union soviétique au profit de la Pologne en Lituanie, Biélorussie et Ukraine. C’est à la paix de Riga, signée le 18 mars 1921, que la frontière entre les deux états fut reconnue.

Territoires occidentaux de l’Empire russe perdus après la Première Guerre mondiale

RégionsPays de rattachementAnnée  de l’indépendance
FinlandeFinlande1917
EsthonieEstonie1918
Livonie, CourlandeLétonie1918
LithuanieLituanie1918
PolognePologne1918
Russie blancheBiélorussie1918
Volhynie, Podolie, Petite RussieUkraine1917 (*)
BessarabieRoumanie1918
(*) La République démocratique d’Ukraine proclamée en novembre 1917 sera jusqu’en 1920 un champ de bataille où s’affronteront tour à tour Allemands, Autro-hongrois, Bolcheviques, bandes cosaques, Russes blancs, Polonais avant d’être complètement intégrée à la République socialiste soviétique d’Ukraine qui deviendra le 30 décembre 1922 une des républiques de l’URSS.

Les changements de frontières intervenus en Russie puis en Union soviétique à partir de 1917 sont détaillés dans les pages relevant de chacun des pays concernés :

  • Biélorussie
  • Estonie
  • Finlande
  • Létonie
  • Lituanie
  • Moldavie
  • Pologne
  • Roumanie
  • Ukraine

L’URSS est fondée le 30 décembre 1922, elle comprend la fédération de Russie, la Biélorussie, l’Ukraine plus des républiques et régions autonomes dans le Caucase et en Asie. Les frontières internationales de l’URSS ne subirent aucune modification jusqu’au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le pacte de non-agression germano-soviétique (pacte Molotof-Ribbentrop) conclu le 23 août 1939 entre l’Allemagne nazie et l’URSS prévoyait dans une clause secrète le partage de l’Europe orientale entre ces deux puissances. L’Estonie, la Létonie, l’est de la Pologne, la Bessarabie figuraient dans la zone dévolue à l’Union soviétique.
Après la Seconde Guerre mondiale, les pays Baltes, la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie (ex Bessarabie) furent incorporés à l’URSS avec le statut de République socialiste soviétique. La moitié nord de la Prusse orientale est annexée et est rattachée à la RSS de Russie.

En 1991, 14 des 15 républiques que comptait l’URSS se séparent de l’Union et obtiennent leur indépendance.
Le 25 décembre 1991 à minuit est la date officielle de la fin de l’URSS. Le pays dont le territoire est réduit à la fédération de Russie reprend son nom historique.

Le 18 mars 2014 le parlement russe ratifia le rattachement de la Crimée à la fédération Russie suite au référendum organisé le 16 mars 2014.
L’Ukraine, comme la quasi-totalité des États, ne reconnait pas l’annexion de la Crimée par la Russie qu’elle considère comme faisant toujours partie du territoire national ukrainien.

Carélie

Carélie

Cette région historique aujourd’hui partagée entre la Finlande et la Russie a constitué jusqu’au début du XIXème siècle la frontière orientale de la Suède.

Le traité de Nystad (Uusikaupunki en finnois) signé le 10 septembre 1721 (30 août selon le calendrier julien) entre la Suède et la Russie met fin à la Grande guerre du nord qui durait depuis 1700. Par ce traité la Suède a dû céder au tsar Pierre le Grand la plus grande partie de la Carélie ainsi que la Livonie, l’Estonie et l’Ingrie.
Après la conquête de la Finlande par la Russie (1809) la Carélie occidentale fut rattachée au Grand-duché de Finlande.

Lorsque la Finlande proclame son indépendance en 1917, ses frontières sont celles du Grand duché incluant donc le territoire carélien rattaché en 1812. Le traité de Tartu du 14 octobre 1920 (1) confirme le tracé de la frontière et la partition de la Carélie. Le territoire carélien resté en URSS (Carélie orientale) constitue à partir de 1923 la République socialiste soviétique autonome de Carélie.
Après la guerre d’hiver (1939-1940), la Finlande dut céder à l’Union soviétique l’isthme de Carélie (région de Vyborg) et le pourtour du lac Ladoga qui à compter du 1er avril 1940 forment avec la Carélie orientale la République socialiste soviétique carélo-finnoise.
Ces régions furent reconquises pour trois ans par les Finlandais entre 1941 et 1944 qui occupèrent également une partie de la Carélie orientale (autour de Pétrozavodsk).
Après l’armistice du 19 septembre 1944, l’URSS recouvre les territoires obtenus au traité de Moscou (12 mars 1940). L’isthme de Carélie est détaché de la RSS carélo-finnoise pour rejoindre l’oblast de Leningrad.
Le 16 juillet 1956 la RSS carélo-finnoise change de statut pour devenir une République socialiste soviétique autonome au sein de l’URSS. Son statut actuel de semi autonomie date du 13 novembre 1991.

(1) À ne pas confondre avec le traité signé avec l’Estonie le 2 février 1920.

Îles du Golfe de Finlande

Îles du Golfe de Finlande

Jusqu’en 1944, l’histoire de ces petites îles situées dans la partie orientale du golfe de Finlande a été liée à celle de la Finlande. Elles étaient des possessions suédoises jusqu’en 1809, date qui marqua la fin de la guerre qui opposa la Russie à la Suède. La défaite de la Suède eut pour conséquence le rattachement de ces îles au Grand-duché de Finlande, vassal de la Russie. Elles furent naturellement maintenues dans la Finlande indépendante en 1917.

Entre 1917 et 1940, elles étaient administrativement rattachées à la province finlandaise de Viipuri (à présent Vyborg en Russie).
Au cours de la Seconde Guerre mondiale leur position géographique en faisait un enjeu stratégique d’importance pour la navigation. Elles furent occupées par les troupes soviétiques au début du conflit puis reprises par les Finlandais en 1941 avant de repasser sous le contrôle des soviétiques en 1944.
A la fin de la guerre, elles ne furent pas restituées par l’URSS à la Finlande mais intégrée à la RSS de Russie.
Depuis cette époque ces îles sont rattachées administrativement au district de Kingisepp dans l’oblast de Leningrad.

L’île de Bol’shoy Tyuters (ocтpoв Бoльшoй Tютepc)
Elle est appelée Tytärsaari en finnois, Groß Tütters en allemand.

L’île de Hogland (ocтpoв Гогланд)
Elle porte le même nom en suédois mais est appelée Suursaari en finnois, Suursaar en estonien, Hochland en allemand.
Elle est située à 35km au sud de la ville finlandaise de Kotla.

L’île de Malyi (ocтpoв Maлый)

L’île de Malyi Tyuters (ocтpoв Maлый Tютepc)
Pieni Tytärsaari en finnois, Klein Tütters en allemand.

L’île Mayak (ocтpoв Maяk)

L’île de Moshchny (ocтpoв Moщный)
Elle est appelée Lavansaari en finnois, Lövskär en suédois, Lavassaar en estonien.

L’île de Nerva (ocтpoв Hepвa)

L’île de Rodsher (ocтpoв Poдшep)
Elle est appelée Ruuskeri en finnois,  Rödskär en suédois.

L’île de Seskar (ocтpoв Ceckap)
Seiskari en finnois.

L’île de Severnyi Virgin (ocтpoв Ceвepный Bиpгин)

L’île deSommers (ocтpoв Coммepc)
Someri en finnois, Sommarö en suédois.

Ingrie

Ingrie

L’Ingrie est une région de Russie située au sud et à l’est du golfe de Finlande entre l’Estonie et le lac Ladoga. Elle était une possession suédoise (Ingermanland en suédois) du début du XVIIème siècle à 1721.
Durant la Grande guerre du Nord (1700-1721) qui opposa la Suède à une coalition à laquelle participaient la Russie, le Danemark et la Pologne, la Russie s’empare de l’Ingrie, acquisition ratifiée par le traité de Nystad signé le 10 septembre 1721.
C’est en Ingrie, dans le delta de la Neva que le tsar Pierre Ier de Russie décida en 1703 de construire sa capitale, Saint Petersbourg à la place de la ville suédoise de Nyen.
Dès son rattachement à la Russie, Pierre le Grand fait de l’Ingrie une goubernia (gouvernement) de la Russie impériale qu’il nomme goubernia de Saint Petersbourg.

Lorsque la Finlande obtient son indépendance de la Russie bolchevique en 1917, la partie de l’Ingrie située au nord de Saint Petersbourg (nommée alors Pétrograd) s’autoproclame en 1919 République d’Ingrie du Nord (Pohjois Inkeri en finnois). Les séparatistes Ingréens ont le soutien de la Finlande.
Cette république éphémère cessa d’exister fin 1920 date à laquelle elle a réintégré la Russie.
Après le traité de Tartu, signé le 2 février 1920(1) la Russie bolchevique reconnaît l’indépendance de l’Estonie et lui cède 1000km2 de l’Ingrie occidentale (cf. partie Rectifications de la frontière avec les pays baltes).
En 1927, l’Ingrie est renommée oblast (province) de Leningrad et bien que la ville a retrouvé son nom de Saint-Pétersbourg en 1991, la région s’appelle toujours oblast de Leningrad.

(1) À ne pas confondre avec le traité signé avec la Finlande le 14 octobre 1920.

Rectifications de la frontière avec les Pays Baltes

Rectifications de la frontière avec les Pays Baltes

District d’Ivangorod

La rivière Narva marque la limite historique entre l’Estonie et l’Ingrie, provinces suédoises avant 1721 puis russes jusqu’en 1918. La guerre d’indépendance de l’Estonie s’achève au traité de Tartu signé le 2 février 1920 (1). L’article 3 de ce traité précise le tracé de la frontière avec la Russie qui est fixée à une dizaine de kilomètres à l’est du fleuve Narva. Ivangorod est rattachée à la ville de Narva.
En janvier 1945 les Soviétiques investissent ce territoire qui est détaché de la RSS d’Estonie. La Narva marque la nouvelle frontière russo-estonienne ; la ville d’Ivangorod située sur la rive droite de la Narva est à présent située en Russie.
Depuis cette date ce territoire fait partie du district de Kingisepp dans l’oblast de Leningrad.

(1) À ne pas confondre avec le traité signé avec la Finlande le 14 octobre 1920.

District de Petchory

La région située au sud du lac Peipus appelée Setomaa du nom de ses habitants les Setos, minorité ethnique d’Estonie et de Russie a été administrée par l’empire russe jusqu’en 1918.
La région dont les localités principales sont Pechory (Печоры), Petseri en estonien, et Izborsk (Избо́рск), Irboska en estonien, était rattachée au gouvernorat de Pskov.
Le traité de paix de Tartu signé le 2 février 1920 (1) marqua la fin de la guerre qui opposait l’Estonie à la Russie depuis novembre 1918. Par ce traité, la Russie renonçait à sa souveraineté sur ce territoire qui est attribué à la nouvelle république d’Estonie.

Durant l’Entre-deux guerres cette partie d’Estonie était désignée Petserimaa (district de Petseri).

Au cours de la Seconde Guerre mondiale la région subit l’occupation soviétique (1940-1941) puis allemande (août 1941 à août 1944) avant d’être à nouveau occupée par les soviétiques.
Le 16 janvier 1945 la quasi-totalité du territoire de Petserimaa est détaché de la RSS d’Estonie (restaurée à l’automne 1944) pour devenir une subdivision administrative de Pskov.

Après l’indépendance de 1991, l’Estonie tenta de récupérer le territoire perdu en 1945 en faisant valoir une clause du traité de Tartu qui stipulait que la Russie renonçait à toute prétention territoriale en Estonie.
Face au refus des autorités russes, l’Estonie abandonna ses revendications et signa un traité frontalier avec la Russie le 18 mai 2005. Ce traité fut dénoncé par la Russie le 27 juin 2005 car un amendement faisant référence à l’occupation soviétique avait été ajouté au préambule par le Parlement estonien.
Une nouvelle négociation fut engagée entre les deux pays et, en mai 2013 le Parlement estonien a approuvé un projet de traité sur la frontière russo-estonienne et la délimitation des eaux territoriales dans le golfe de Finlande.

A présent le raïon (district) de Pechory constitue une des vingt-quatre subdivisions de l’oblast de Pskov.

(1) À ne pas confondre avec le traité signé avec la Finlande le 14 octobre 1920.

District de Pytalovsky (Abrene)

Au traité de Riga (11 août 1920), une parte de l’ouïezd d’Ostrov comprenant la ville de Novo Dmitrovskoye (rebaptisée Pytalovo) fut rattachée à la Létonie. En 1925 Pytalovo devient Jaunlatgale puis Abrene en 1938.

Après la reprise du contrôle de la Létonie par l’Armée rouge en 1944, les soviétiques procèdent à une rectification de la frontière orientale au profit de la RSS de Russie. Environ 1300km2 du district d’Abrene sont transférés dans l’oblast de Pskov le 16 janvier 1945.

En 1991, la Létonie indépendante tenta de recouvrer sa frontière d’avant guerre auprès de la Fédération de Russie en faisant référence au traité de Riga de 1920. Les autorités russes rejetèrent cette demande au motif que de leur point de vue la Létonie était un nouveau pays indépendant en niant le fait que l’annexion de 1940 était illégale.

En janvier 2007 le parlement letton signa le traité de reconnaissance mutuelle avec la Russie sans faire référence au traité de Riga. Ce traité fut ratifié par les deux parties fin 2007.

oblast de Kaliningrad

oblast de Kaliningrad

Carte extraite de l‘atlas allemand Stielers de 1908.

Ce territoire situé entre la Pologne et la Lituanie appartient à la Russie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. N’ayant pas de frontière avec la Russie il est connu sous l’appellation d’exclave de Kaliningrad.

La Prusse orientale berceau de la Prusse a été conquise et germanisée par les chevaliers teutoniques au XIIIème siècle. Elle fut à l’origine de la constitution du duché de Prusse en 1525 qui passa aux mains des Hohenzollern en 1618 et demeura allemande jusqu’en 1945.

En 1938, le régime nazi modifia le nom d’un tiers des localités de Prusse orientale. Les noms aux consonances prussiennes ou lituaniennes furent germanisés.

Le 12 janvier 1945, l’Armée rouge investit la province, Königsberg la capitale est prise en avril de la même année. L’annexion par l’URSS du tiers nord de la Prusse orientale est approuvée par les Alliés à la conférence de Postdam (17 juillet – 2 août 1945). Elle devient une région (oblast) de la République socialiste fédérative de Russie le 7 avril 1946. La même année, Staline rebaptisa la ville de Königsberg Kaliningrad après la mort de Mikhail Kalinin président du praesidium du Soviet suprême, décédé le 3 juin 1946.

Entre 1945 et 1949 le territoire a été totalement vidé de sa population allemande et d’origine lituanienne qui a été remplacée par des russes biélorusses et ukrainiens. Durant cette même période, le nom de toutes les localités a été russifié.

Après la chute de l’URSS, plusieurs villes de Russie ont recouvré leur nom d’avant l’époque soviétique comme Kalinin qui est redevenue Tver. Concernant Kaliningrad il a été question de lui attribuer le nom de Kenig qui est le raccourci russe de Königsberg mais cette initiative n’a pas abouti.

Crimée

Crimée

Dans l’Antiquité, la Crimée a connu les influences de diverses civilisations (scythe, grecque, romaine…) avant de voir arriver divers peuples dont les Tatars qui y fondent en 1430 un État, le khanat de Crimée. Le khanat de Crimée se plaça sous la protection de l’empire Ottoman en 1475 et domina les rivages de la mer d’Azov jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Après la guerre russo-ottomane de 1768-1774, la Crimée est annexée par la Russie en 1783.

Durant la guerre civile russe, la Crimée a connu plusieurs régimes politiques alternant tour à tour les anti et les pro-bolcheviques.
La République populaire de Crimée est proclamée par les Tatars en 1917, La République socialiste soviétique de Tauride la remplace début 1918. Le Gouvernement Régional de Crimée (anti bolchevique) est établi en juin 1918 avec le soutien militaire des allemands. Début avril 1919 l’armée Rouge s’empare de la Crimée qu’elle devra céder aux armées blanches en juin de la même année qui rétablirent le Gouvernement Régional de Crimée. Ce gouvernement épaulé par l’armée du général Wrangel a résisté aux bolcheviques jusqu’en novembre 1920.
Le 18 octobre 1921, les soviétiques ont accordé à la Crimée le statut de « République socialiste soviétique autonome » au sein de la « République socialiste fédérative de Russie ».

En septembre 1941 la Crimée fut en grande partie occupée par les Allemands, sauf Sévastopol qui résista jusqu’au 4 juillet 1942. L’Armée rouge reprendra le contrôle de la Crimée en mai 1944.
Les soviétiques abolissent le statut d’autonomie de la Crimée le 30 juin 1945 pour en faire une région (oblast) de la RSS de Russie.
Le 19 février 1954, Nikita Khroutchev, à l’occasion du 300e anniversaire du traité de Pereïaslav(1) transféra la Crimée de la RSS de Russie à la RSS d’Ukraine.

(1) Le traité de Pereïaslav fut conclu le 8 janvier 1654 dans la ville du même nom, située à 50km au sud-est de Kiev, entre les cosaques zaporogues et le tsar Alexis Ier. Les cosaques prêtèrent allégeance au tsar et à la Russie en contrepartie de privilèges.



Le 12 février 1991, le soviet suprême de la RSS d’Ukraine rétablit le statut d’autonomie de la Crimée qui sera maintenu après l’indépendance de l’Ukraine le 24 août 1991.
Au cours des années qui suivirent l’indépendance de l’Ukraine, la Crimée fut la source de tensions avec la Russie. Tentation sécessionniste d’une partie de la population russophone, vote le 21 mai 1992 par le Parlement de la fédération de Russie d’une résolution qui annule le transfert de la Crimée décrété par N. Khroutchev en 1954, statut du port militaire de Sévastopol etc…
L’appartenance de la Crimée à l’Ukraine est officiellement reconnue par la Russie en mai 1995.

Le 21 novembre 2013 marque le début des manifestations anti gouvernementale à Kiev après que le parlement ait renoncé à signer l’accord d’association avec l’Union européenne. Ce mouvement de protestation centré sur l’occupation de la place de l’indépendance (Maïdan) à Kiev qui a été marqué par des actes de violence ayant entrainé de nombreux blessés et une centaine de morts, aboutit le 22 février 2014 à la destitution et la fuite du président pro-russe Viktor Ianoukovitch. Un nouveau gouvernement pro-européen prend le pouvoir.

La population russophone, majoritaire en Crimée, ne reconnait pas le nouveau pouvoir de Kiev. Le Parlement de Crimée vote le 27 février 2014 la tenue d’un référendum sur l’autodétermination de la République autonome.
La date du référendum initialement fixée au 25 mai 2014 a été successivement avancée au 30 mars puis au 16 mars 2014 avec la question ne portant plus sur l’extension de l’autonomie mais le rattachement à la Russie. Le résultat de la consultation donne 96,77% des suffrages en faveur du rattachement à la Russie.
Deux jours après, le 18 mars 2014, un décret du gouvernement russe signé par le président Vladimir Poutine fait de la République de Crimée (capitale Simféropol) et de la ville de Sébastopol deux nouveaux sujets de la fédération de Russie.
Le 20 mars 2014 la chambre basse du Parlement russe (la Douma) ratifie le rattachement de la Crimée à la Russie.
Au plan international cette annexion n’est reconnue que par 11 des 193 États membres de L’ONU, dont la Russie.